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Psychanalyse Zen et Psychanalyse Tao

La topologie rêve ailée

La topologie  « rêve ailée »

 (La topologie des nœuds de l’inconscient révélée)

La formule « la topologie rêve ailée» me fut donnée, il y a vingt ans,  par une jeune analysante  d’une beauté et d’une intelligence exceptionnelles. Elle s’appelait Marjolaine  et m’était envoyée par une collègue Isabelle avec qui j’avais longtemps étudié la topologie des nœuds lacanienne.  Marjolaine  souffrait de symptômes psychiques  classiques pour une jeune fille, mais elle était aussi atteinte  du syndrome de Cockett, ce  qu’elle m’avoua en riant de ce que « coquette » phonétiquement  lui allait très. Bien ;  Le   syndrome de Cockett est une sorte de nœud qui fait obstacle au flux veineux siégeant sur le segment de la veine iliaque. Cette maladie des plis veineux au  croisement des artères et des veines, m’entraîna à lui  parler de la topologie des nœuds de langage dans l’inconscient.  « J’incarne  en quelque sorte, conclut-elle, la topologie rêve ailée ». La formule me sidéra. Comment  en effet « incarner » la topologie des nœuds de Lacan, comment la rendre vivante ?  Comment la mettre en mouvement créateur ? Je tenais bien  la formule mais je ne savais pas l’exploiter. J’en parlais à ma collègue Isabelle qui  en approuva l’aphorisme tout en étant, comme moi, incapable d’en démontrer la vérité. C’est comme si on son était frappé l’un l’autre d’impuissance et de frigidité. L’analyse de Marjolaine dura trois ans au cours desquels elle se débarrassa de  tous les symptômes psychiques qui empoisonnaient son existence. Elle partit aux USA  d’où j’appris bientôt qu’elle avait fait fortune dans la fabrication  ou la décoration de tissus. Ce qui ne m’étonna pas, compte tenu de son intelligence. Moi en revanche, je restais obsédé par une formule magique que ne savais pas utiliser. Quand il n’y a plus de conscience on conclue étourdiment que c’est la mort.

Or la mort c’est « l’âme hors » du corps et de l’esprit et qui en est en fait leur origine, c’est l’inconscient, le monde de l’envers où tout est possible. Sans la mort on serait privé de toute jouissance puisque la jouissance détruit ce dont elle jouit et ce qu’elle détruit elle le transmute en plus de jouissance, comme chacun le l’expérimente dès qu’il mange : Il y avait un plat et maintenant il n’y en a plus. Mais par cette mort (la disparition du plat), il est vivant. Toute forme de jouissance exige la guerre et mort. Que serions-nous sans la longueur des temps morts ? Le mien dura vingt ans. Jusqu’au jour où je fis un rêve qui me fit accéder enfin à « la topologie rêve ailée ». Comme dit l’expression populaire c’est justement ce qui nous crève les yeux que nous ne voyons pas. Je rêvais que j’étais submergé des bandes de Möbius  de toutes dimensions qui tombaient sur moi comme une pluie bizarre. Je prononçais en même temps comme une litanie ou un mantra la formule de la bande de Möbius : « Faces plus Surfaces moins arêtes égalent bande de Möbius ». Puis je me disais simultanément « Dans la réalité il est impossible de supprimer l’arête de la bande de Möbius, car c’est l’arête du temps. L’oubli du temps ne peut que se faire qu’en rêve. Bien que dans ce rêve les bandes de Möbius possédaient une arête. C’était contradictoire et en même temps lumineux. Je me réveillais en disant : « Dans la réalité nul ne peut supprimer l’arête du temps ce n’est possible qu’en rêve » Tel était le secret de « la topologie révélée. Il était impossible de comprendre la topologie sans y introduire la dimension du rêve où l’on peut, à notre convenance, traverser les dessus-dessous de tout croisements ou inversement, ce qui anime définitivement la topologie des nœuds lacanienne et la rend opérationnelle.

La topologie rêve ailée (suite  2)

(2)  Le tore, trou torride, Origine de toutes choses

Les nœuds dans notre réalité, même les plus beaux, ou  les plus savants  comme les nœuds de marin,  ne sont pas fermés sur eux-mêmes. Leurs débuts et leurs fins ne se rencontrent jamais.  A l’inverse les nœuds qu’on appelle « topologiques » ont leurs extrémités parfaitement raboutées. Leurs  deux bouts fusionnent,  sexuellement pourrait-on dire,  pour faire un rond où l’on ne peut distinguer, comme dirait Héraclite, ni le commencement ni la fin, ni l’un ni l’autre, absorbés  qu’ils sont dans la jouissance,  en un épanouissement sans commencement ni fin et en expansion infinie.  Le cercle est à l’origine de tout ce qui existe. Le cercle n’est pas l’aplatissement de la sphère, comme le disent généralement les matérialistes. C’est l’inverse.  C’est le cercle qui tournant sur lui-même et de haut en bas, qui engendre la sphère. Un cercle tournant  sur lui-même, sans passer par son centre, engendre un « tore ».  Comme le définissait déjà Euclide « le tore désigne le volume engendré par  la rotation d'un cercle ».

Dans l’architecture de l'Antiquité et du Moyen-âge, le tore désignait un anneau placé à la base des colonnes pour les stabiliser. Tout cercle est en réalité un tore avec deux trous : un trou central et un trou interne. En biologie le marqueur génétique appelé « ADN mitochondrial, » exclusivement transmis par les femmes, est un tore.En topologie  les choses ne se définissent que par le nombre de leurs  trous. Ainsi un donut et une tasse à café sont des objets identiques puisqu’ils ont chacun deux trous (le trou de la tasse et le trou de  son anse puis le trou central et le trou interne pour le donut). 
La plupart des êtres vivant pour peu qu’on les  réduise à leur bouche et à leur  anus (ou pour les femmes leur vagin),  pourrait  figurer un tore.  Ce qui permettrait de distinguer le Tore  féminin, lévogyre, qui produit la vie du Tore masculin dextrogyre, qui ne produit que des déchets.  L’inconscient, non pas le système inconscient, mais l’inconscient comme Réel-, opposé à la réalité, est un  tore avec son trou central et son trou interne.  Tout rond, tout cercle, ou nœud trivial, est en réalité un tore qui se tord, se noue, se divise et se multiplie en une infinité de formes, de nœuds, d’ondes et de particules. Le tore est ainsi le trou originel doù s’expriment toutes choses  physiques et mentales, corps et esprit, symbolique et imaginaire. 

(La bande située entre les deux cercles du tore  ressemble à un ruban de Möbius mais il n’en n’est rien puisque les bords ne font qu’un seul tour et ne sont pas  pliées).
Le tore, en conclusion, est le trou torride à l’origine de toutes choses. C’est le Réel lacanien, l’inconscient, le Chaos, l’abîme sans fond qui raconte la Théogonie, métaphore de toutes les pulsions humaines.

La topologie rêve ailée (suite 3)

(3)Topologie du vide parfait

L’inconscient est l’abîme sans fond d’où vient toutes choses, le vide originel, le « pré ontologique »  comme dit Lacan, c’est-à-dire avant toute conception de l’être ainsi que de sa négation ou ce qui est antérieur  à «  l’être et au néant ». Cette trouée est un   trou précède ses bords et de plus il les fait jouer  à sa guise. Il ne relève que du langage, comme tout le monde le sait aujourd’hui depuis Lacan parce  que le langage est le seul phénomène auquel le vide consent. Comme l’enseigne Heidegger : « la parole est l’abîme » (Acheminement vers la parole) p.15. Il n’y a donc dans l’univers que du vide et du langage. « Il n’y a rien et pas même rien », mais seulement du langage comme disait déjà « le Traité du Non-Etre » de Gorgias, le Sophiste.  On peut en conclure, comme le font certains(les Indous) que tout est illusion, pourtant nul ne saurait mettre en doute ce que qu’il ressent ou ce  que les paroles lui font ressentir. C’est qu’on ne saurât se passer du sens.  L’erreur n’est pas la suppression du sens mais un autre sens pour une autre dimension souvent encore plus vraie que la vérité apparemment niée et qui  ne relève,  la plus part du temps,  que de la perversion narcissique. Ainsi que le résume l’adage Lacaniens : «  les non-dupes errent ».  Ainsi le rêve n’est pas une absence  de  sens mais un changement de sens pour un monde inversé.   L’avantage du rêve est qu’on y fait  des choses impossibles à faire dans la réalité conventionnellement limitée et pétrifiée  par ses totems et ses tabous. Dans le rêve c’est comme si nous avions des ailes ou que nous pouvions  traverser les murs, ou que nous puissions nous rendre invisibles à notre gré.  Comme dit Lacan « Le rêve est la voie royale  vers l’inconscient où tout est  possible ». En outre, rêver ou  rêvasser, explique la science, est excellent pour notre cerveau. Selon diverses  études  neurologiques rêver, et même rêvasser  plus ou moins éveillé, développe la créativité et  des capacités extraordinaires de mémorisation ainsi que toutes sortes de stupéfiantes capacités cognitives. 

Or la topologie, avec ses horribles nœuds fermés et statiques, qui ressemblent à des intestins ou à  de répugnants vers de terre momifiés,  ne servirait pas à grand-chose si on ne savait l’animer par le rêve, la faire bouger, la mettre en mouvement, c’est-à-dire faire passer tel croisement de dessous dessus ou inversement .Ce qui fait changer la structure du nœud en un  autre nœud  puis encore en un autre comme on changerait de situation en trouvant l’amour, la fortune ou les deux. Si ce n’était pas ça la topologie pétrifiée ne serait qu’ un squelette de dinosaure  
 L’expérience vécue du rêve permet, par exemple d’ interpréter un  rond, un  cercle, ou un tore  comme celui-ci :

qui semble avoir environ un centimètre de diamètre, mais, par le rêve et ses possibilités sans limites, je peux facilement le concevoir  plus grand que l’univers, ou inversement, plus petit qu’un électron  ou encore, simultanément les deux. 

Ce qui est contradictoire, comme l’est, par sa nature même, l’électron. Mais en rêve, comme dans l’infiniment petit, le contradictoire est possible. Ce rond, ce cercle, ce tore, Lao tseu l’imagine tel un sexe féminin  C’est « la vulve extraordinaire, dit-il,  en ajoutant « que plus on l’utilise plus elle produit » (poème 6). En mathématique on l’appelle «  nœud trivial » non pas au sens de trou grossier ou de banal mais dans son sens étymologique, le latin trivalis : «  carrefour de trois voies. « Les trois  voies suggèrent  à l’évidence le mouvement » « Le trois » étant irréductiblement originaire en psychanalyse..  Mais ce n’est qu’en rêve qu’on peut imaginer un simple cercle, ou nœud trivial,  figurant le mouvement de trois voies. Le mot commande ce que l’on imagine ou que l’on rêve (ici,  les trois voies du mot trivial) .

La topologie des nœuds  animés par le rêve, et son imaginaire  engendrent chez « le rêveur » une étonnante production créative et toutes sortes de bienfaits physiques et intellectuels.   C’est dû  au fait que l’inconscient est une énergie continuellement dynamique et autonome.  Impossible de comprendre  la topologie des nœuds de Lacan et  de la rendre  efficiente si on  la prive de la dynamique de l’inconscient. Sans cela elle reste une curiosité intellectuelle. Un objet étrange et inutile pour cabinet de curiosité. Ce serait   aussi trompeur  qu’une bande de  bande de Möbius. Dans la réalité, en dessin  ou sen  représentation  en trois dimensions, impossible de supprimer l’arête  exigée par la formule :

S + F – A = Bande de Möbius :
 C’est-a-dire : Surfaces plus Faces moins Arêtes =  bande de Möbius :

Si dans la réalité si  je  peux tordre une bande de papier pour en joindre les surfaces (recto + verso) et les faces (pile+ face)   pour constituer un cercle (ou nœud trivial),  je ne peux pas dire, en toute rigueur, que j’ai fait une bande de Möbius  car il me sera impossible   de supprimer l’arête («  le moins A » de la formule). Car s’il y a concrètement une arête, il y a une un recto et un verso , une face et un dos, donc il ne s’agit pas  d’une véritable bande de Möbius. C’est un abus de langage »  Nul ne peut supprimer l’arête temps, sinon en rêve.
Si je passe un doigt sur la bande de Möbius  la torsion fait que passe d’une face l’autre sans lever le doigt. Mais c’est dans la rêverie et son l’imaginaire que je peux  faire comme si l’arête n’existait pas et profiter par le rêve  de tout ce que peut apporter ce paradoxe.

Plus  d’opposition, nous sommes dans « le vide parfait » de lin tseu, ou l’inconscient de Lacan, à partir de quoi toute transmutation est possible, le mal en bien, la maladie en santé, le malheur en bonheur etc . Comme disait Houei neng, le plus grand maître zen de la Chine, pour décrire l’illumination : « Dans la réalité il y a un Nord et un Sud, des lettrés et des illettrés,  mais dans l’absorption du zen il n’y a ni de Nord ni de Sud, ni de lettrés ni illettrés ». Cette position qui est celle du « discours du maître » (l’inconscient), permet de  mieux comprendre et se  servir de  la  capacité transmutatoire  de la psychanalyse. 

Dans la prochaine  et dernière  partie de cet article nous traiterons des prodiges du nœud Borroméen,  et nous verrons comment l’utiliser  dans la clinique analytique.
 

(4) Les prodiges du nœud Borroméen.

Le nœud Borroméen représente le Réel, le Symbolique et l’Imaginaire du système inconscient qui diffèrent par nature du système conscient qui est notre réalité ordinaire. Dans notre réalité le Réel c’est la matière, le physique, le corps, l’être, tandis que dans le système inconscient, le Réel, c’est   le pré-ontologique, l’abîme sans fond, le vide, l’inconscient proprement dit.  La photo ou la représentation des choses , c’est dans la réalité, l’Imaginaire, dans le système inconscient l’Imaginaire c’est la matière, l’être , le corps, le physique. Dans la réalité le Symbolique c’est la définition précise des choses. Tandis que dans le système inconscient le Symbolique est sous la dépendance continue du libre langage de l’inconscient.

On appelle ce nœud Borroméen parce qu’il fait référence aux trois comtes de Borromée qui possédaient trois îles sur le lac majeur en Italie et qui avaient pris ce nœud comme blason de leurs armoiries. Ce faisant ce nœud existait bien avant eux. On le trouve chez les Celtes, les Viking, en Chine, au Japon, en Afrique et son origine se perd à travers l’épaisseur des âges.
Au début des années soixante-dix Lacan fut invité à faire des conférences aux USA. Un jour à New York il rencontre dans un restaurant son ami Salvador Dali.

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