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Psychanalyse Zen et Psychanalyse Tao

Zen et Psychanalyse

« Il n’y a pas de rapport sexuel » et le sexe féminin, selon Lin tsi

« Il n’y a pas de rapport sexuel ». Cette phrase devrait nous traumatiser, à la manière dont le bucheron Houei-neng fut traumatisé un jour dans la forêt en entendant la voix d’un moine récitant «  le discours du vide » : «  Les formes sont le vide et le vide est les formes », autrement dit A est non-A ! Dire et penser que  A est non A  devrait nous  abasourdir. Un traumatisme est un choc qui transforme toutes les perceptions de la personnalité, comme  « Il y a de l’inconscient » ! Les choses ne sont pas ce qu’elles sont, les mots ne disent pas ce qu’ils disent. L’identité est une illusion. Mais comment  se pourrait-il qu’il n’y ait pas de rapport sexuel ?   Ne sommes-nous pas  tous nés d’un rapport  sexuel ? Il n’y aurait-il pas  plus de rapport sexuel qu’entre les monades de Leibnitz qui se rapprochent sans jamais se toucher ? C’est ça l’origine du désir ?  On n’aurait donc jamais rien touché ? Exactement, on a jamais rien touché, ou pas grand-chose, à peine effleuré.  C’est comme avec nos mains,  quand nous touchons nos mains nous ne faisons jamais qu’effleurer l’une avec l’autre puisque nous pouvons  les séparer aussitôt sans problème. C’est cela «  entendre le son d’une seule main » : Il y a de l’inconscient. Qu’est-ce que l’inconscient ? Réponse : «  Il  n’y a pas de rapport sexuel ». On ne rapporte rien, on ne répète rien, on ne transfère rien, comme disait Gorgias. « Il n’y a pas de rapport sexuel » est une phrase synonyme du mot inconscient. Non pas du « système inconscient » mais de l’inconscient.  Il n’y a pas de rapport  sexuel  dans l’inconscient, dans le ça, dans le Réel. En revanche,  « le moi » et « le surmoi » qui constituent avec le ça, le système inconscient, « l’imaginaire » et « le symbolique », en termes lacaniens,  ont des pensées bien arrêtées sur les relations sexuelles. Ils refoulent le ça. Ainsi s’établissent  les relations névrotiques entre souffrance et désir. «  Il n’y a pas de rapport sexuel » signifie que dans l’inconscient il n’y a pas de relation, de liaison,  de lien, autrement dit  aucun interdits sexuels ou obligations sexuelles, en bref «  rien de sacré » comme  disait Bodhidharma : « il n’y a qu’ un vide sans fond sans rien de sacré » Le reste n’est que fantasme. Innocent et  pervers polymorphe, l’inconscient pourrait être figuré par l’abbaye de Thélème de Rabelais, où «  Fais ce que voudras » était la seule loi. Non  seulement on peut se passer de tout rapport sexuel mais toutes les formes de sexualité peuvent y être comprises et  pratiquées, comme  l’illustre, dans la mythologie, Zeus, ou Zen, le souverain suprême des dieux et des hommes. Zeus illustre « le sujet de l’inconscient ». Les philosophes, et autres penseurs de  l’être (les religieux) ne comprennent pas les  comportements de Zeus. Zeus est marié à Héra mais il fricote avec toutes sortes de déesses et de mortelles. Qu’est-ce que cela signifie ? Empêtrés dans leur ontologie les moralistes ne comprennent rien au « Fais ce que voudras » du « non rapport sexuel ».

Psychanalyste Paris
Psychanalyste zen Paris

Ne sachant pas compter jusqu’à trois, qui signifie l’inconscient, ils ne saisissent pas la structure borroméenne du sujet l’inconscient. Ils ne voient pas les trois grandes époques de la mythologie. La première, celle Ouranos représente le moi du système  inconscient,  Chronos le surmoi et  Zeus représente le ça, le Réel, le « sans loi », le sans interdits ni  obligation sexuelle. Le sujet de l’inconscient peut être fidèle et infidèle.  Cette plasticité est une conséquence du principe de non-identité qui gouverne l’inconscient et le système inconscient. Pas de ça qui serait ça. Le ça est « sans appui ».  A vouloir dire  ce qu’est le ça «  on est déjà hors de la question », comme le souligne Lin tsi. Le « Wu ming », 無名, de Lao tseu, le « sans nom » le formule depuis longtemps... Le moi n’est pas le moi dans le système inconscient, pas plus que le surmoi n’est le surmoi. Alors que dans le système conscient le moi est bien le moi et le surmoi le surmoi. Mais ni dans l’un ni dans l’autre système  le ça est le ça. Le ça n’est pas le ça. Le non ego est le principe central du bouddhisme. Mai le non ego ou moi qui n’est pas le moi concerne le système inconscient, et non le système conscient.   Pas de surmoi  dans le système inconscient qui serait le surmoi,  pas de grand Autre, «  Bouddha  n’est qu’un pieu pour attacher les ânes », comme l’enseigne Lin tsi.  La confusion entre le système inconscient et le système conscient explique le fonctionnement des névroses, psychoses et perversions. Tout le monde ici connaît le livre de Freud Névroses, psychoses et Perversion (Puf). Pour le résumer topologiquement, quand le moi et le surmoi se confondent comme la face et le dos sur une bande de Möbius, c’est la névrose, quand le ça et le surmoi se confondent c’est la perversion, quand le ça et le moi se confondent c’est la psychose (qu’elle soit infantile, artistique, ou pathologique). Il n’y a jamais de substance,  c’est le non-être qui change.  «  C’est terrible d’être homme » disait un transsexuel à Lacan. «  C’est terrible, acquiesça Lacan, mais il faudra vous y habituer ». Quand on dit «  être » il faut d’abord en accepter les conséquences.  L’entretien se termina par un «  au revoir, pauvre vieux ». C’est que la maladie de l’être se décline : C’est terrible d’être homme. Mais c’est terrible d’être femme. C’est terrible d’être jeune. C’est terrible d’être vieux. C’est terrible d’être pauvre. C’est terrible d’être riche. C’est terrible d’être beau. C’est terrible d’être laid. C’est terrible d’être ignorant.  C’est terrible de savoir. C’est terrible d’être faible. C’est terrible d’être puissant.  C’est terrible de mourir. Mais « il faudra bien s’y habituer ». A cette heure aucun mort ne s’est plaint en disant : « C’est terrible d’être mort ». Tous les morts semblent s’être parfaitement habitués à ne pas être. L’inconscient est ce que Tchouang tseu appelle «  le grand transformateur » : «  Qui peut faire du non-être  son crâne et de la mort son cul ? » Tout énoncé est apophantique.  Ce qui en logique signifie qu’il peut être dit vrai ou faux.

Cependant, tant que nous penserons en termes d’être, tant que nous croirons que tous fait sens, dans le même sens,  qui est le sens  de l’être, nous serons dans la souffrance. Comment s’y habituer ?   Ecoutons   Gorgias et son «  Traité du  non-être » : rien n’existe de  ce qui est ». Il n’y a que du langage. Il n’y a que du « parlêtre », reprend Lacan.   L’être est « concept d’angoisse » et « traité du désespoir ». Si nous disons «  être » il faut nous  habituer aux conséquences, à savoir  la souffrance aux mille nuances. La vérité  de la souffrance est si terrible qu’on ne peut même pas la dire toute. Les mots, les mots de l’être, y manquent.   En revanche, comme l’enseigne le tchan,  du point de vue  du non-être qu’est l’éveil «  il  n’y a pas  de souffrance, il n’y a pas de mal, il n’y a pas de faute, il n’y a pas de  sentier, il n’y a pas de sagesse, il n’y a rien à  atteindre ou ne pas  atteindre » (Discours du cœur).  Conséquence : « Il n’y a pas de rapport sexuel ». Sur ce sujet,  je vous recommande, l’article de Barbara Cassin, la plus éminente spécialiste des sophistes : « Il n’y a pas de rapport sexuel, deux leçons sur l’Etourdit de Lacan » d’Alain Badiou et Barbara Cassin, (Fayard). Si vous n’êtes pas suffisamment aguerri au système inconscient pour tout lire, apprenez par cœur la première page de son article. Barbara Cassin écrit comme Lao tseu : « L’ab- sens, ou Lacan de A à D. (c’est-à-dire d’Aristote à Démocrite. Démocrite disait qu’il n’y avait d’autre atome que les mots composés de lettres « rudes, crochues, recourbées ou rondes)  Citations de Barbara  ( homonyme de la formule mnémonique du syllogisme)   : « La psychanalyse, c’est la présence  du sophiste à  notre époque, mais avec un autre statut » «  Le savoir  du psychanalyste ? HIHANAPPAT.  «  Le rapport sexuel ne peut pas être écrit » (p.55)  C’est pourquoi «  les écrits passent et la  parole reste ».  «  Puissance  de la  parole », comme disait Edgar Poe dans sa nouvelle  du même nom.  Barbara Cassin ne parle pas de sexualité. Elle va beaucoup plus loin. Elle démontre que l’inconscient, ou  la  formule «  il n’y a pas de rapport sexuel » nous délivre  de la logique formelle d’Aristote. C’est ce qu’il y a de plus important en matière de « grande  santé ». C’est le point de vue du sans chiffre. Souffle vital dans un univers où l’aliénation du système inconscient c’est cristallisé en addiction de l’être, référence numérique obligatoire.

Penser n’est plus conter c’est compter : Maladie de l’être. La forclusion du nom du père.  Nous connaissons tous ce passage de la Bible : «  Dieu dit à Moïse : Je suis celui qui suis. Tu diras ainsi aux enfants d’Israël. Celui qui s’appelle «  je suis »  m’a envoyé vers vous ».  La révélation de l’être faite à Moïse devançait ainsi la pensée  de l’être qu’est la  philosophie. Au 14ème siècle Catherine de Sienne commente et  complète Moïse en disant : « Je suis celui qui suis et tu es celle qui n’est pas (Comme dit Lacan «  La femme n’existe pas ») J’existe par moi-même, tu n’existes que par moi et c’est dans ce lien d’amour filial avec moi ton père, que tu peux trouver la vérité, la liberté et le sens de l’existence ». On ne saurait mieux exprimer la pensée de l’être, sinon avec Parménide : « L’être est, et le nom être n’est pas ». On voit ce qu’une bonne psychanalyste répondrait : « C’est la fille qui fait le père. C’est le non-être qui fait l’être. Alors un peu de modestie : La perversion, parlons en, on en guérit » . Allons plus loin, posons la  question : «  quel est le nom du père » dont nous pratiquons la forclusion ou le rejet, comme dit Freud, la Verwerfung ?  Le nom du père, l’être, c’est Dieu,  mais ce mot  Dieu est une anagramme de vide, en français libérateur.  Moi et surmoi rejettent le vide qu’est le ça, lequel fait retour sous forme de  souffrance, de fantasme, et d’image.  Que dit le vide ? Il dit : «  je suis celui qui jouis et non celui qui suis » D’où l’importance du non-être antérieur à l’être. Et c’est justement cela, le non-être, le vide, le rien, dont nous faisons le rejet, la forclusion, la Verwerfung.  « Le signifiant vide qui   a été rejeté de l’ordre symbolique réapparaît dans le réel  sur le mode hallucinatoire » résume Lacan. Telle est le processus de la maladie de l’être, ou forclusion du nom du père. Le vide est castration. « C’est l’épée du roi diamant », «  le diamant coupeur » le « Kat » de Lin tsi dont nous avons parlé la dernière fois. L’épée du roi dimant fait allusion au sutra du dimant coupeur. C’est l’équivalent du « discours du psychanalyste ». L’épée n’appartient ni au bien ni au mal. Mais à celui qui s’en sert. La castration est le vide. Elle est créatrice du désir mais   « mais d’un désir qui cesse d’être soumis à l’idéal paternel, c’est-à-dire pour lequel « il n’y a pas de rapport sexuel ».

« Quelle est la grande affaire de la psychanalyse », pourrait-on demander à la manière où  dans le tchan on pose la question traditionnelle : «  Quelle est la grande affaire du bouddhisme ? » La réponse, d’une certaine manière   serait la même :   C’est le septième facteur d’éveil  l’imperturbabilité du tchan ,qu’on ne doit pas confondre avec l’indifférence, précise le Vimutti-Maga, « la voie de la libération ».   C’est,  d’une certaine manière, la définition de « l’attention flottante » : L’analyste reste imperturbable mais il n’est pas du tout  indifférent à la souffrance de l’analysant.  Comment poser une question. Ce n’est pas aussi facile qu’on pourrait croire. Nous avons vu que la manière dont Lin tsi demande si quelqu’un veut poser une question relève de l’épopée : «  Y-a-t-il quelque habile général qui soit prêt sur le champ à disposer ses troupes (ce qui veut dire  poser une question)   et à déployer ses étendards (c’est-à-dire à la situer sérieusement) ?  Qu’il témoigne devant ’assemblée pour voir ! » . C’est bien ce dont il s’agit. Lacan a distingué, le désir, du besoin et la demande. Le désir est le Réel, c’est l’inconscient. Le besoin est imaginaire, c’est le corps. La demande est symbolique c’est la relation à l’Autre. Nous avons vu que le «  Il y a de  l’un » de Lacan » équivalait  ou «  trois en un » de Lin tsi appelé « les trois portes mystérieuses. » comme celles du nœud boroméen.  A notre dernière séance (4/5/2011) trois questions concernant, dans l’ordre, la psychanalyse, le tchan et la mise en acte furent posées.

Première question : Comment Freud est-il arrivé à prendre le mythe d’Œdipe comme nœud  central du système inconscient ? – Réponse : Parce que le mythe d’Œdipe illustre très précisément le rôle essentiel du refoulement dans le système inconscient. C’est en ce sens que l’Œdipe  est universel. L’Œdipe ne doit pas être réduit à ce que Lacan appelle «  le guignol de la rivalité sexuelle » dans le conscient. L’Œdipe raconte  que le refoulement est originaire ainsi que le retour du refoulé. C’est le processus même du langage. Dans «  Télévision » (p.48) nous avions lu, vous vous souvenez : « Freud n’a pas dit que le refoulement provient de la répression ou que  (pour faire image), la castration soit dû  à ce que Papa  brandisse à son moutard qui se tripote la quéquette ; «  On te la coupera si tu remets ça » Le refoulement dans le système inconscient est premier, ce n’est pas la répression extérieure qui est première.  C’est même dit Lacan  « le refoulement qui produit la répression » (id.). Faute de comprendre que le système inconscient est premier, ou comme on dit «  le trois est originaire », on ne peut comprendre la psychanalyse. 

Deuxième question : La deuxième question concernait  le célèbre gong’an (koan) : « Comment entendre le bruit d’une seule  main ? » Réponse : C’est le «  trois en un »trois  de Lin tsi : Deux mains et un bruit. Mais, si  « trois est un », que sera   le bruit  d’une seule main ? Ce sera le bruit du refoulement. L’analyse écoute d’une seule main, si l’on peut dire, il écoute en séance le refoulement derrière ce qui dit l’analysant. Le refoulement est la puissance du vide. Le vide refoule ses bords.  On raconte qu’un jour un éléphant en furie fonça sur le Bouddha. Bouddha étendit une seule main devant l’éléphant. Celui-ci s’arrêta net et s’apaisa aussitôt. Telle est la force du bruit silencieux figuré par « une seule main ». La force du refoulement ou du retour du refoulé, c’est la même, selon Lacan et c’est ce que traite la psychanalyse.

Troisième question : La troisième question fut la mise en acte du langage inconscient. Comme je racontais que lorsqu’on ouvrit le cercueil de Bodhidharma on ne trouva qu’une seule sandale et que je disais que la sandale de Bodhidharma constituait  un gong’an.  L’auditeur déclara qu’il avait entendu  au lieu de « la sandale de Bodhidharma : « l’a s’embale » de Bodhidharma.  Réponse : « L’a », il s’agit du trou qu’est l’objet petit a en psychanalyse.  S’emballer est synonyme  s’emporter, de se déchaîner, s’enthousiasmer.  Ainsi  donc  cet auditeur avait entendu le message caché derrière une banale histoire de sandale.

Ces trois questions concernaient, chacune à sa manière, le principe dynamique du  refoulement. Le refoulement c’est ce que chacun utilise sans le savoir, comme M. Jourdan faisait de la prose, en parlant avec des apocopes et des aphérèses ordinaires. (Une apocope  c’est quand on refoule la fin d’un mot, on dit, par exemple, « ciné », au lieu de cinéma. On refoule  le «  ma ». Une aphérèse c’est le contraire on refoule le début du mot, on dit par exemple « ricain » au lieu d’américain. On refoule l’« âme »)

Du temps d’Aristote, comme  dans toutes les représentations antiques, il y avait la théorie des quatre éléments : Le solide, le liquide, le feu et l’air. Le solide était représenté par le carré ou le quadrangle, le feu par le triangle, l’air par le croissant, et l’eau par le rond. C’est ce qui résumait et symbolisait  la nature du monde. L’architecture mondiale a su se servir, avec plus ou moins de bonheur, de cette  représentation du monde. C’est que  non seulement la nature mais le sexe féminin correspond dans sa structure à ces quatre éléments.  Les grandes lèvres sont en forme de croissant. Elles représentent l’air. Les petites lèvres en forme de quadrangle représentent le solide. Le clitoris en forme de triangle représente le feu. Le trou vaginal représente le rond.  Ces quatre éléments représentent les trois qui se fondent  en un. L’un du vide parfait.   «  Adeptes, dit Lin tsi (p 146) le vrai Bouddha est sans figure, la vraie Voie est sans corps, la vraie Loi  est sans marque particulière. Ces trois se fondent  pour se combiner en un. Qui ne sait discerner cela s’appelle un être dont la connaissance est obscurcie par l’acte » C’est-à-dire soumis au retour du refoulé. Tel Œdipe. «  Vous venez de toute part avec l’idée de chercher l’éveil, de chercher la loi,  de chercher la délivrance, la sortie du triple monde (RSI). Sortir du triple monde, imbéciles, pour aller où ?

Le Bouddha et les patriarches ne sont que des noms… (Quels noms ? Ce sont « les noms du père », le séminaire 21, le séminaire interdit de Lacan qu’il a dû reprendre sous le titre «  les non dupes errent » en 1963), que des noms dont on prend plaisir à se  laisser lier,dit Lin tsi. «  Le père c’est l’inscience, enseigne-t-il dit  par ailleurs (p.156).   Si vous vous rendez pareil à l’écho qui répond au vide, et restiez sans affaires en quoi que ce soit, vous tuez le père. Qu’est-ce que la mère ? La mère c’est la concupiscence. Si vous voyez le caractère vide de toutes choses vous tuez la mère ». C’est ainsi que l’on sort de l’Œdipe. La structure borroméenne du sujet  ou le nœud à trois ronds, la triade borroméenne  est articulée par un quatrième rond, le rond du vide. Le vide parfait, le un de Lacan,  du taoïsme et du tchan.  Le philosophe Alain Badiou l’a bien vu lorsqu’il écrit : « Le «  il y a de l’un » de Lacan est une subversion radicale de la thèse spéculative, ou philosophique, «  l’Un est ». De même lorsqu’il dit : «  La philosophie refuse que le trois soit irréductiblement originaire » (p.124). Conclusion de Lin tsi «  Le triple monde ne saurait dire lui-même « je suis le triple monde ».  (L’être ne saurait dire « je suis celui qui suis »). C’est vous, adeptes, qui êtes là, tout vifs,  à illuminer les choses, à peser et mesurer le monde, c’est vous qui mettez un nom sur le triple monde ».      
«  A mon point de vue, pas tant d’histoires !  Soyez sans affaires », sortez du «  prêt-à-penser »  et votre système inconscient  ira de mieux.

Prochaine conférence

Mercredi 29juin 2011,  Espace 62

Thème : La conscience du vide est un vide de conscience, autrement dit l’inconscient. Trois est le système inconscient. «  Un c’est les trois, les trois sont un » dit Lin tsi et Lacan «  Y’a de l’un » ce qui est une subversion radicale de «  l’un est » de la philosophie.

L’inconscient dont nous parlons est un inconscient qui n’est pas relatif à la conscience. C’est l’inconscient psychanalytique de Freud et de Lacan. Cet inconscient relève du non-être. Non pas de la négation de l’être mais du non être comme antérieur à l’être. Cet inconscient    est le pouvoir illimité qui permet à quiconque d’aller par de là ses souffrances particulières, par de là ses ignorances, par de la ses ennuis. C’est, cliniquement, le moins qu’on en puisse titrer. Cependant cet inconscient  n’est pas sans effrayer nos moi et nos surmoi ordinaires qui, soumis, par leur servitude volontaire, au prêt-à-penser dualiste du Bien et du Mal, semblent ne plus savoir compter jusqu’à trois. « Y a de l’un » enseigne Lacan. Mais, comme le souligne si pertinemment Alain Badiou  dans Il n’y a pas de rapport sexuel, deux leçons sur L’Etourdit de Lacan,: « Le « il y a de l’un » (de Lacan) est une subversion radicale de la thèse spéculative, ou philosophique, « l’Un est » (p.126), et (p.124) : « La philosophie refuse que le trois soit irréductiblement originaire » Telle est la révolution de penser qu’apporte la psychanalyse avec l’inconscient. Révolution qui comme toutes les grandes révolutions avance « à pas de colombe ». Comme l’affirmait un vieil et illustre chinois : « Un c’est les trois et les trois sont  un » (Lin tsi p. 85).
La    pratique du non être qu’est la psychanalyse ne nie pas les consciences d’être, ni leur utilité, ni leur efficacité relatives. Au contraire elle permettrait plutôt  de mieux s’en servir.

Marx  disait plus qu’il ne pensait en énonçant : « la religion est l’opium du peuple ».  Avec la drogue aujourd’hui le  toxicomane pense  « être lui-même  son  propre Dieu ». C’est confondre le ça, le Réel, avec le  surmoi. Le  surmoi fait croire  que « la chose », le Das Ding de Freud, la jouissance surmoïque originairement perdue peut être retrouvée au prix de notre propre  destruction.  L’addiction à  l’être, d’où découle l’addiction  à  n’importe quoi, est figurée dans la mythologie par « l’a d’Ixion », le  plus  de jouir d’Ixion.  Ixion tombe amoureux d’Héra, la  femme de Zeus, le  souverain suprême des hommes et des dieux.  Il tente de la violer.  Elle se dégage en formant une nuée  ressemblant en tout  point à elle même. Ixion s’unit à ce fantasme  et engendre un fils :  Centauros, le  père des centaures dont Chiron qui enseigna la chirurgie à Asclépios qui deviendra le dieu  de la médecine.   Mais, Pour punir cet amour aussi sacrilège que celui  d’Œdipe Zeus attacha  Ixion  à une roue enflammée qu’il lança dans les airs. Comme Ixion avait bu l’ambroisie qui rend immortel son  châtiment  n’a pas de fin. Il tourne à  jamais dans le Tartare.  Ceux qui souffrent d’addiction sexuelle ou autres,  se reconnaîtrons. Mais  plus encore se reconnaîtrons  dans ce  supplice ceux qui souffrent de l’addiction à l’être,  maladie appelée foliesophie  par Lacan ( Séminaire 23 «  le sinthome) Telle  est la malédiction de l’être,  ou  l’a d’Ixion.  Quant à la jouissance,  « la jouissance, c’est du réel », (Séminaire 23, p. 78) ce n’est pas du semblant, c’est-à-dire ce n’est pas de l’être car le «  réel n’a pas  de sens » (Séminaire 23 p. 61) 

«  Tout est vide depuis le  commencement où y aurait-il de la poussière ? disait Houei neng,  autrement dit : « tu n’es même pas de la poussière »

Nous  sommes tous familier du Tartare. Même quand  nous ne le savons pas. Le Tartare est le sommet suprême du malheur.  En vertu du sens opposé des mots primitifs, comme l’a montré Freud, c’est aussi non seulement la dimension plus élevée mais aussi la la plus profonde et la moins exprimable de l’homme. Hadès, le roi des enfers, a pour étymologie l’invisible. De la souffrance on ne voit jamais qu’un bout de l’iceberg.  Le Tartare  se situe bien aux dessous des enfers ordinaires (le mot enfer, du latin infernus, désigne ce qui est en dessous, d’où les notions d’infra, d’inférieur et de sentiment d’infériorité). Il y a entre le Tartare et les enfers la même distance qu’entre le Ciel et la Terre,  c’est-à-dire une faille absolue qui soutient  les métamorphoses de l’univers.  On y rencontre les grands condamnés  de l’histoire universelle qui ne sont en réalité que les aspects les plus secrets de nous-mêmes.  Le Tartare c’est les Champs Elysées  de l’horreur.   On y rencontre Sisyphe, le menteur, victime de sa malignité, condamné à pousser en haut d’une colline un rocher qui redescend sempiternellement et que Sisyphe doit remonter  toujours sans rémission ni résultat. Tantale qui est atteint d’une faim et d’une soif inextinguibles  mais qui voit boissons et les aliments s’éloigner de lui au fur et à mesure qu’il tente de s’en approcher.. 

Les Gorgone qui furent autrefois de belles jeunes filles et qui se sont retrouvées monstrueusement laides pour s’être comparées à Athéna. Pour d’autres méfaits elles furent contraintes d’avaler des condamnés à mort puis de les recracher et de les ravaler à nouveau sans répit. Tityos, le géant qui pour avoir tenté de violer Léto la mère d’Apollon, fut condamné à ce que des serpents lui dévorent son foie qui renait continuellement avec les phases de la lune. Les Danaïdes contraintes d’essayer de remplir des tonneaux sans fond, pour avoir tué leur mari durant leur nuit de noce. Tous ces supplices et d’autres encore ne sont que les métaphores de la souffrance humaine. La folie de l’être produit ces insupportables supplices dans l’illusion de la permanence. Comment ne chercherai-on pas à en sortir ?

Il y a trois sortes d’orgasme si on lit le borroméen : L’orgasme du corps, (sexe, alcool, drogue). L’orgasme de l’esprit (philosophie, science, religion) et l’orgasme de l’inconscient. Qu’est-ce que l’orgasme ? Faisons parler le  mot dans le langage du système inconscient.  Il y a or, g (j’ai) et asme (asthme). Asthme désigne étymologiquement  la respiration difficile Or et une conjonction de coordination.  Vous connaissez les conjonctions de coordination en français : Mais, où, et, donc, or, ni, car ? Coordonner signifie nouer harmonieusement. L’orgasme signifie  donc « nouer harmonieusement une  respiration difficile ». 

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